lundi 31 août 2015

Le chemin secret des lutins

Ce n'est pas tant l'absence
De sens, la démence
Qui me déroute

Mais je perds la raison
La ville s'enfonce
Les lampes adhèrent
Au ras des cimetières
Les corps nichent
Sous terre

Mais aujourd'hui
Un enfant réinvente la ville
Les rails dérouillent
Où que j'aille
Le réel se dépouille
De ses travers et de sa houille

Aujourd'hui
À travers tes yeux
Je revois le jour
Je renais au coeur de l'invention

Mille mercis
Guide dans la magie
Du miracle de la vie

Merci pour le vieux chien boîteux
Merci pour le mystère des chemins de fer
Merci de charmer la libraire
Merci de vouloir savoir
Le nom des mauvaises herbes, des peuples, des couleurs
Merci d'avoir ta propre idée sur la chose
Merci de tout essayer
Merci d'être neuf
Merci mon oeuf
De chanter l'éternel retour
Du soleil à la fin du jour

Métembriqueur

Tu t’analgésises au jusant d’une côte de porc
Alors qu’il faudrait te fondre à l’horizon.
Tu fais un jeûne de mamelles
T’imaginant qu’un vautour broie le littoral
Mais Deuil n’est qu’un des mille prénoms
De la chirurgie que tu t’administres
Dans l’errance de ton éclosion

Mille bœufs viendront bénir l’abstraction de ta rotule
Tu lèveras le coude sans savoir qu’il ne redescendra jamais
Magnétisé par un cosmos de canulars

Détruis les licous
Qui t’embourbent dans la prédation des mouches de l’irréel
Cautérise

Préfigure l’autopsie en rimant l’âme des loups

mercredi 29 juillet 2015

En attendant Jack

Sur le Yukon, ours, orignaux, écureuils, Suisses allemands, des Inuits chercheurs d'or, du silence et de la pluie, des falaises avec des faces dedans...


mercredi 20 mai 2015

Stagg river

Quelque part entre Yellow (knife) et White (horse), sur la rivière Stagg, entre autres. Vu pour la première fois la parade nuptiale de deux grues blanches. Et il y avait des aigrettes, des aigles à tête blanche, des visons, des castors, des canards... et des fantômes.

À l'arrière-plan: Marion lake. Ou Russel Lake? Va savoir.




jeudi 7 mai 2015

René, de l'Aveyron

C'est Monsieur René Triadou. Charpentier pour l'armée en Algérie, pendant huit mois. 10 ans à Paris, où il fait toutes sortes de métiers. En 1967, il arrive à Montréal puis vient travailler à la mine Discovery, aux TNO. Il a construit sa cabane sur un terrain en dehors de la ville. «Le gouvernement m'a dit que j'étais un squatteur, qu'il m'a raconté.» Il m'a dit plein d'autres choses, je vous les raconterai un jour, puis il m'a montré son camion, dont il a fait de ses mains toutes les parties en bois.


dimanche 3 mai 2015

Rôde trip

Rôde trip aux TNO. Je vous avais dit déjà qu'au lieu de bandes-annonces, au cinéma, on fait parfois jouer la radiodiffusion du hockey (particulièrement s'il s'agit d'un match Winnipeg-Edmonton) et des publicités vantant les vertus de la Bible pour assurer la longévité du mariage.
 Autre particularité territoriale: à Fort Providence, l'hôtel a des chambres Fumeur (oui, Fumeur). Ce sont les seules où t'as le droit d'apporter un animal. Nous, on avait un chien, j'ai pas vérifié pour les bisons. Y avait des livres de Tony Hillerman dans la salle d'attente, j'ai trouvé ça comique. La chambre coûtait 170$; pour ce prix-là à Toronto, ta taie d'oreiller est en peau d'ange. Mais t'es pas à Toronto, Ducon. Sinon, on a aussi dormi dans le HIgh Rise, un genre de Bronx rouge et rural. Le High River doit posséder le seul ascenseur des TNO au sud de Yellow-les-Chops-Chops.
La photo que voici a pas rapport et ça fait bien plaisir. C'est la Hay River, entre les chutes Alexandra et Louise. Avant, ça s'appelait la rivière au Foin et encore avant, ça devait être un nom Déné.